Les points communs sont pourtant nombreux. Œuvres d'art et voitures sont des biens meubles depuis le Code Napoléon. Ces vols sont réprimés par le Code pénal. La valeur du bien n'est pas une circonstance aggravante, contrairement à la préméditation, par exemple.
Les voleurs de biens précieux à de riches propriétaires bénéficient de la sympathie naturelle du grand public. Ils sont d'ailleurs sources d'inspiration pour de nombreux écrivains et scénaristes. Le sujet apparaît comme étant éminemment politico-économique, voire moral s'approchant des débats rhétoriques portant sur l'impôt des grandes fortunes.
La redistribution des richesses accumulées par les plus nantis à la faveur des plus modestes ou leur disparition, donne ses lettres de noblesse au contrat social, et ce depuis des siècles.
Les différences sont pourtant notoires. Ainsi, le pillage des pyramides, des temples khmers, des marbres du Parthénon, les vols de la Joconde, des icônes et autres incunables... émeuvent les chercheurs, les historiens, les curieux.
Il n'en va pas de la sorte pour tous. Nous y reviendrons mais l'œuvre d'art porte en elle quelque chose d'élitiste, d'injuste. Pourquoi s'intéresser à de telles disparitions et y consacrer des débauches de fonds alors que des enfants sont maltraités, disparaissent ou meurent de faim dans l'indifférence ? Pourquoi accorder autant d'attention aux plus fortunés et à leurs gadgets ? Le sujet est sensible.
Le débat est identique que l'œuvre soit possédée par un musée ou par un particulier, et quelle que soit sa valeur (historique, financière).
Il est cependant exact que le collier de nouilles réalisé par Jeff KOONS aurait une autre valeur, celle qui aura été déterminée par la rencontre de l'offre et de la demande (Alfred MARSHALL). La beauté devient alors provocation.
Photo : © Webador
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